L'ouverture du marché français des jeux en ligne réclamée par la Commission Européenne est actuellement à un tournant décisif. En effet, jeudi 24 avril, l'ancien ministre Bruno Durieux a remis son rapport au gouvernement concernant ce sujet épineux et hautement stratégique. Ce rapport de 37 pages revient sur l'enjeu pour la France de ce marché juteux (en 2007, l'Etat français a encaissé grâce aux taxes et impôts des jeux la bagatelle de 6 milliards d'euros !) et propose des solutions afin de se plier à la demande européenne sans pour autant tuer la poule aux oeufs d'or ! Le rapport propose plusieurs hypothèses : soit l'ouverture ne concerne que les paris sportifs et hippiques selon la volonté de la Commission Européenne, soit l'ouverture s'étend à l'ensemble des paris sportifs et le poker en ligne, soit l'ouverture couvre l'ensemble des jeux en ligne en dehors des jeux de loteries (loto, euromillions...). Dans l'immédiat, les options ne sont pas tranchées. C'est à l'Etat que revient le choix final sachant que le rapport annonce la mise en place d'une commission spécifique qui aura pour mission d'étudier les demandes issues de l'ensemble des opérateurs impliqués et notamment ceux proposant des services de casinos en ligne et de poker virtuel avant toute implantation en France. L'ouverture se veut donc parfaitement encadrée par une obtention préalable d'une licence à tout nouveau service en ligne. Si l'ouverture est d'ores et déjà programmée, le rapport Durieux recommande toutefois de maintenir l'interdiction des machines à sous en ligne en argumentant sur le fait que « leur installation dans des endroits facilement accessibles conduirait à une dégradation de l'ensemble des objectifs d'intérêt général », autrement dit, l'Etat souhaite éviter les phénomènes d'addiction. Le rapport est actuellement dans les mains du gouvernement qui devrait prochainement statuer sur la question. On parle d'une réponse officielle donnée avant le 1er juillet, date du début de la présidence française de l'Union européenne.
